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Grande collecte aujourd'hui et demain dans 228 magasins du Rhône. Un millier de bénévoles sont mobilisés
Aujourd'hui et demain, ce sont deux journées clefs pour la Banque alimentaire : la grande collecte organisée dans 228 magasins du Rhône va permettre de remplir les nouveaux entrepôts de Décines, pour redistribuer petit à petit la nourriture aux 101 associations partenaires. Un millier de bénévoles se mobilisent, pour collecter le maximum de nourriture : ils seront présents à la sortie des magasins pour recevoir les dons en nature.
Toute l'année, la Banque alimentaire s'approvisionne avec les stocks de l'Union européenne ou le déstockage des grands magasins et de l'industrie alimentaire. La collecte permet de faire appel aux dons et d'obtenir des produits qu'elle trouve peu lors de ses approvisionnements habituels : huile, café, sucre, conserves de fruits, de légumes ou de poisson, etc... « Nous essayons aussi de mettre l'accent sur l'équilibre alimentaire, et l'importance de manger des fruits et des légumes », affirme Patrick Audrain, bénévole à la Banque alimentaire.
L'an dernier, 346 tonnes avaient été recueillies dans le Rhône. « On veut faire aussi bien, et même mieux. Car la crise est de plus en plus là. On parle de reprise parce que les banques vont mieux, mais c'est un leurre. On voit bien les besoins s'accentuer sur le terrain. La crise est loin d'être finie, et les gens qui la subissent sont durement touchés. Les associations viennent plus souvent se servir, avec des demandes plus fortes », rapporte M. Audrain.
Dans les associations, tous les voyants sont au rouge : entre juin 2008 et juin 2009, le nombre de personnes demandant de l'aide alimentaire a augmenté de 16 %. Elles observent une forte hausse des mères vivant seules avec leurs enfants ou des petits retraités : avec de faibles revenus, il est de plus en plus difficile de faire face aux dépenses vitales et courantes.
Le centre d'entraide Pain de Sarepta, qui fournit des colis alimentaires à 300 familles de Vénissieux, confirme la forte hausse de la demande : « Nous organisons deux journées de distribution par semaine. Avant, nous avions à chaque fois une ou deux inscriptions supplémentaires; maintenant, c'est une vingtaine. Cela s'est accéléré depuis la rentrée : des gens qui ont perdu leur travail, des travailleurs pauvres : le salaire ne suffit plus pour faire vivre la famille », raconte Régis Varin, bénévole de l'association.
Le centre d'entraide venait chercher deux tonnes de nourriture à la Banque alimentaire chaque semaine : elle doit en récupérer aujourd'hui cinq ou six tonnes pour
répondre aux besoins. L'an dernier, la Banque alimentaire a distribué 4 500 tonnes de nourriture à ses associations partenaires, soit l'équivalent de 20 000 repas par jour.
Le Progrès
Le Secours Catholique a rendu un rapport qui met en avant la précarité croissante subie par les femmes, en "constante augmentation ces dernières années".
L'association accueille de plus en plus de monde : 2,3 % de personnes supplémentaires depuis l'année dernière, victimes de la crise et du chômage. Elle constate une féminisation croissante de la pauvreté.
"Six femmes sur dix accueillies par l’association vivent seules, avec ou sans enfant" explique le Secours Catholique, et "30 % de la population aidée sont des familles monoparentales".
La chute du travail en intérim pénalise les jeunes mères : la garde de l'enfant constitue un énorme frein à la reprise d'un emploi ou d'une formation. La proportion de femmes seules rencontrées dans les différents centres de l'association est passée de 49,5% en 1989 à 60,3% en 2008.
90% des personnes accueillies par le Secours Catholique en 2008 vivaient sous le seuil de pauvreté, alors que la proportion de personnes qui travaillent progresse depuis 4 ans, passant de 19,3% à 20,9%.
L'association rappelle que "le phénomène le plus marquant de ces dix dernières années est l'augmentation, dans les accueils, de la part des personnes âgées de 50 ans et plus".
Vedura